Rétrospective de la vie de l’Union instrumentale de Lausanne, dite l’Instrum.

1859 : durant l’été de l’année 1859, quelques jeunes gens réunis après les travaux quotidiens s’entretenaient d’un projet qui, de prime abord, paraissait fort difficile à réaliser. Amateurs de musique, ils désiraient former le noyau d’une société instrumentale genre fanfare. Dans ce but, ils firent autour d’eux un peu de propagande et, sur les conseils de M. Alcide Gabus, qui fut leur premier directeur, ils se constituèrent en société, base de la société actuelle. On travaillait discrètement afin d’éviter les critiques prématurées, on luttait contre des difficultés multiples ; l’étude étant plus ardue qu’on ne se l’était imaginé, quelques-uns même se découragèrent assez rapidement et abandonnèrent la partie. Le manque de musique, et surtout le manque de fonds, rendaient l’entreprise peu aisée, il est vrai ; mais, en travaillant, en se dévouant, on devait arriver. Ainsi, le 30 septembre 1859, la société l’Union (le qualificatif « instrumentale » fut ajouté plus tard) était fondée par MM. L. Allamand, L. Bovard, A. Chapuis, Cherboin, Ch. Corbaz, A. Cousin, A. Gabus, Grivel Frères, P. Marion, F. Parisod et H. Saunier. La cotisation fut fixée à Fr. 1.- par mois. Enfin, il est bon de noter que l’article premier des statuts était conçu en ces termes : «  La société de musique l’Union est une réunion d’amis ayant pour but le développement de la musique instrumentale ». Depuis lors, les statuts ont été modifiés plus d’une fois. Les derniers en date sont du 15 janvier 1999.

L’Union est toujours et sera toujours, espérons-le, une réunion d’amis.

Comme local, la jeune société utilisa l’atelier de lithographie mis à son service par un de ses membres. Les pierres servaient de pupitres, une lampe modérateur remplaçait un lustre plus opulent. On ne parlait pas encore d’ampoules électriques en ce temps-là, et pour payer l’huile nécessaire à ce modeste éclairage, chaque membre donnait 5 centimes par répétition. C’était simple et vraiment démocratique. Cet atelier était situé dans la maison sise Place Pépinet au début de l’îlot qui a depuis longtemps disparu. Chacun devait fournir son instrument et cette obligation dura de longues années. Voici à titre de curiosité un paragraphe d’une lettre d’admission de cette époque : « en conséquence, veuillez vous présenter à notre local, le ….., avec un cornet à piston ou à cylindre exigible et nous vous promettons de vous présenter nos respects comme candidat ».

Ainsi débuta l’Union instrumentale », mais cette année 1859 ne s’acheva pas hélas sans que deux démissions ne vinssent attrister les membres fidèles. Le 31 décembre, MM. L. Grivel et A. Gabus, l’un secrétaire et l’autre directeur, quittaient la société.

Entre 1860 et 1867, la société changea 3 fois de local de répétitions. Ces dernières n’avaient lieu qu’en hiver. Du mois de juin au 27 novembre, elles furent donc interrompues et les contributions suspendues.

Le directeur nommé en remplacement de M. A. Gabus, démissionnaire, était M. Junod, père. En septembre 1860, le caissier quittait la société et remettait le solde en caisse, soit … 25 centimes. Le 6 janvier 1861, l’Union instrumentale se produisit pour la première fois hors de Lausanne. C’est une date à retenir, car, depuis lors, les promenades musicales et les fêtes où elle fonctionna sont légions. Donc, ce 6 janvier, elle se rendit à Vevey avec la société de chant l’ « Helvétienne ». Comme véhicules, on utilisa de vénérables omnibus attelés de robustes percherons.

L’année 1864 fut brillante. D’abord, la société se fait recevoir membre de la Société fédérale de musique le 15 avril et prend part à la fête fédérale à Soleure les 4 et 5 septembre. Comme il n’y avait pas de jury, chacun s’adjugea le premier rang et tout le monde revint enchanté. Les membres de l’UIL avaient inauguré à cette occasion une casquette, première étape vers l’adoption d’un uniforme.

L’assemblée générale de Soleure exprima le désir que la société lausannoise se chargeât de la prochaine fête, qui, suivant les statuts fédéraux, avait lieu tous les deux ans. L’ UIL, après avoir consulté la population lausannoise, répondit en conséquence au comité fédéral qu’elle acceptait la fête pour l’année 1866.

1876 : C’est de cette époque que date la joyeuse coutume de nos soirées annuelles. La première fut donnée le 9 janvier 1876 dans les salons de l’Hôtel de France. Sociétaires et invités s’y divertirent sans être gênés par l’exiguïté du local, alors qu’aujourd’hui, pour cette soirée traditionnelle, la salle des fêtes et la salle Paderewski sont nécessaires. Le 30 avril, concert dans le temple de Saint-Saphorin (Lavaux). Le programme était varié. On y remarque entre autre des soli et des quatuors pour cor, lesquels eurent un grand succès comme d’ailleurs le concert « in globo ». En outre, le produit financier eut de quoi réjouir les plus exigeants : Fr. 600.- de recette, chiffre phénoménal non seulement pour l’époque, mais également pour aujourd’hui.

M. Kuster, directeur, obligé de quitter Lausanne, fut remplacé le 21 décembre par M. Krellwitz, chef de l’orchestre du Beau-Rivage. Un banquet d’adieu réunit l’UIL et l’Union chorale désireuses de fêter une dernière fois le directeur partant.

1877 : L’année fut pour l’UIL une année heureuse ; l’antique proverbe qui veut que « fortune sourit aux audacieux » fut pleinement confirmé par les faits. Un concours international de musique avait lieu à Lyon (France). C’était tentant. La société décida d’y participer et l’état lui accorda comme encouragement un subside de Fr. 100.-, modeste somme dont l’effet moral fut excellent. L’UIL obtint en 2ème division un 2ème prix en exécution et un 3ème prix en lecture à vue. Elle comptait alors 25 membres exécutants. L’UIL fut admirablement reçue par la population lyonnaise.

C’est à cette occasion qu’une discussion proposa un costume de triège blanc, d’autres désirant plus de fantaisie, la note militaire qui devait prévaloir plus tard eut aussi quelques défenseurs, mais rien ne fut résolu sauf que l’assemblée décida que les musiciens porteraient un habit noir.

1878 : le 2 mai, M. le commandant Faraudo, commandant d’arrondissement à Lausanne, fait auprès du comité une démarche pour savoir si en principe la société serait disposée à jouer pendant les fêtes et les cérémonies publiques en lieu et place de la musique militaire et moyennant une finance annuelle payée par la ville de Lausanne. Deux mois auparavant, l‘UIL s’était séparée de la Société fédérale de musique.

En août, elle refusait de se joindre soit en corps, soit individuellement à une fanfare de pompiers projetée. Ce refus eut pour résultat de provoquer la transformation de l’ancienne « harmonie » en un corps de musique de la ville de Lausanne. D’autre part, une fanfare de Lausanne, la Jeune Lyre, proposa à l’UIL de fusionner avec elle. L’UIL accueillit en bloc les membres de la Jeune Lyre. Cette dernière avait été fondée en 1875 et luttait assez péniblement pour son existence. Cette fusion fut votée par l’UIL dans sa séance du 7 janvier 1879. Par ce fait, le nombre des exécutants se trouva porté à 45.

1882 : Cette année marque dans l’histoire de notre société une étape inoubliable car elle fut le début d’une situation qui a donné à l’Instrum l’occasion de pénétrer plus profondément encore dans la vie lausannoise et de se créer des relations dont elle n’eut qu’à se féliciter. Nous voulons parler de sa désignation par la municipalité de Lausanne comme Fanfare du bataillon des Sapeurs-pompiers. C’est le 5 avril que l’assemblée eut connaissance de cette décision et en accepta les charges. La question de l’uniforme se trouva par ce fait-là résolue. A ses frais, la société se fit établir des costumes très peu différents de ceux que ses membres ont porté très longtemps, mais confectionnés (par raison d’économie) avec des capotes usagées. membres.

1887 connut l’une des plus graves crises au sein de l’Instrum, car elle aboutit à une scission de la société. Un quart des membres actifs s’en allèrent et fondèrent la « Fanfare lausannoise ». Mais, comme cette fanfare est maintenant l’Harmonie lausannoise et que sa naissance ne donna pas lieu à des changements trop importants pour l’Instrum, tout est bien qui finit bien.

Relevons que, en 1890, il y eut une autre tentative de scission. Elle fit cependant long feu, et les démissionnaires revinrent peu à peu dans le giron de la société.

1892 : savez-vous pourquoi et comment fut créée la Société cantonale des musiques vaudoises ? Parce que dans les fêtes cantonales, on engageait des musiques régimentaires du pays. Et que, sur l’initiative de l’UIL et de son président Ernest Rossat, 25 sociétés vaudoises furent convoquées à Lausanne le 11 septembre et adoptèrent à l’unanimité la résolution de se grouper.

Si 1893 fut marqué par moult concerts, 1894 donna une nouvelle occasion à des dames d’offrir encore une fois un drapeau à l’Instrum. Cette bannière toute neuve fut d’autant plus utile que la société accepta de fonctionner la même année comme ensemble officiel du Tir cantonal de Lausanne où elle dut se produire pendant 9 jours à raison de 3 fois par jour. Au concours cantonal de musique 12 mois plus tard, cet entraînement intensif porta ses fruits : l’Instrum remporta le premier prix en première division.

1934 : L’UIL fête le 75ème anniversaire de sa fondation. Il faut noter que cette manifestation a laissé un déficit de Fr. 2235.- et dire qu’une course à Cannes a nécessité un emprunt à la banque d’un montant de Fr. 5000.- afin de régler diverses factures urgentes.

1940 : Il est évident que les nombreuses périodes placées sous le signe du gris-vert pour les membres de la société n’ont pas permis à celle-ci d’avoir une activité très féconde.

Cela a eu pourtant une conséquence agréable : les frais s’en sont retrouvés réduits, et le caissier a pu annoncer avec le sourire un léger bénéfice.

1943 : L’histoire du drapeau revient très sérieusement sur le tapis. Il s’agit de prendre une décision étant donné que les fonds sont maintenant suffisants.

Grave question : la bannière sera-t-elle brodée ou peinte ? On finit bien sûr par choisir la première solution et un projet est immédiatement adopté.

1953 : On change de président. C’est Bruno Crivelli, qui, après avoir tenu la charge de caissier (le budget annuel tournait alors à titre de renseignement autour de Fr. 15'000.- ) aura celle de président. C’est d’ailleurs ce denier qui aura le plaisir et la charge de marquer le passage du centième, ce qu’il fit avec beaucoup de maestria.

1954 : Lors du 80ème anniversaire du Général Guisan, membre d’honneur, l’Instrum lui donne une aubade. A cette occasion, Madame Guisan confie à la société le devoir de lui annoncer les naissances dans les familles de membres actifs pour faire de superbes cadeaux aux jeunes parents.

1956 : L’UIL se rend à Bordeaux lors des fêtes carnavalesques qui n’eurent pas le succès publique attendu. En effet, le froid fut très rigoureux et l’UIL ne put se produire comme prévu. Il n’empêche qu’elle fut reçue de façon absolument charmante, aussi bien par les autorités locales que par les Suisses établis dans le bordelais.

1956 a vu, sur proposition et participation des sociétés subventionnées, la création d’un concert populaire annuel gratuit au Théâtre municipal.

1958 : L’UIL se déplace à Bruxelles pour participer et visiter l’Expo. Ce sont une soixantaine de personnes qui visitèrent à loisir et jouèrent sur la terrasse du Chalet Suisse, puis dans le cadre pittoresque de la place ducale en ce quartier reconstitué baptisé « Belgique joyeuse ». Bissés ce soir-là, les musiciens reçurent une véritable ovation le lendemain en se produisant au parc d’Ocegen devant près de 2000 personnes.

Ce déplacement n’empêcha pas bien sûr l’activité ordinaire et surtout la préparation du concours cantonal de Morges et de la saison 1959 … et des fêtes du centenaire.

Effleurons Morges. Il y eut un pépin sérieux : le morceau imposé avait été pour diverses raisons orchestré différemment et l’UIL, au lieu de 2 couronnes d’or habituelles, a récolté des couronnes d’argent seulement…

Calendrier chargé que tous acceptèrent de grand cœur. Dame, ce n’est pas tous les jours qu’on souligne un siècle d’existence !

Eh oui ! 150 ans, cela se fête et le texte qui suit n’a d’autre prétention que de relater les faits importants et les activités comme nos précédents membres et responsables des années écoulées les ont vécus.

A la suite des festivités du 100ème et du concours cantonal de Morges, la société continue son bonhomme de chemin jusqu’en 1965, date à laquelle a lieu la passation des pouvoirs des présidents, puisque Monsieur André Landolt succède à Monsieur Bruno Crivelli. La période n’a pas été moins intéressante et la collaboration avec l’Avant-Garde, soit l’Unité musicale du bataillon des sapeurs pompiers, a vu son rythme augmenter, soit en répétitions, soit en répétitions marchantes, ou encore en concerts, ce qui, en passant, faisait du bien aux caisses des deux sociétés et à la cagnotte du fonds de course. Ce fonds nous a permis, grâce à l’organisation du capitaine Cuppelin, de nous rendre à Avignon, cité des Papes. Nous avons donné quelques concerts à l’intérieur et autour de la Cité, puis visité les Baux de Provence, l’Abbaye de Frigolet (et son excellente liqueur à base d’herbes aromatiques), ainsi que le célèbre Moulin Daudet, avant de nous rendre, sous la baguette de Raymond Pasche, voir la mer à Bandol, plus précisément sur l’ìle Bandor, propriété de Monsieur Paul Riccard, également propriétaire du circuit portant son nom, au Castellet.

La période Maurice Grandchamp n’est pas moins fructueuse avec comme départ la magnifique sortie à Paris en Unité lors du 14 juillet et de son célèbre défilé (non ! nous, on regardait seulement !), visite et réception dans diverses casernes et dépôt d’une gerbe de fleurs sur le monument du soldat inconnu placé sous l’Arc de triomphe, le tout avec sonnerie aux morts et choral, manifestation suivie par des centaines de Parisiens, ainsi que quelques épouses de nos membres en voyage parallèle. Ce fut un voyage superbe, arrosé comme il se doit par les pompiers parisiens, au Champagne s’il vous plaît !

1974 a vu l’Instrum se déplacer à Tournon, cité au bord du Rhône, avec dépôt de gerbe au monument aux morts, puis visite de la ville et de ses alentours avec évidemment dégustation des célèbres Saint-Joseph, Ermitage et autres Côte du Rhône. En fin d’après-midi, concert sous la cantine, avec malheureusement un déluge qui mit fin à notre prestation.

En Unité, voyage à Epinal, toujours sous la même présidence et sous la direction de Monsieur Raymond Pasche pour l ‘UIL ; Monsieur Claude Jomini est directeur de l’Avant-Garde et Monsieur Georges Baud, président. C’est le Major Edgard Noverraz, commandant du bataillon, qui représente les pompiers lausannois. Cette sortie très sympa a pour but l’inauguration de leur magnifique salle polyvalente, fabriquée en majeur partie (surtout la charpente) en bois collé, avec des poutraisons de portées gigantesques, mais également la visite de la caserne des pompiers. Un nombreux public a fortement apprécié le cortège et la prestation des quelque 60 membres présents.

Avec la venue au pupitre de Monsieur Robert Biollay en 1976, la formation de jeunes obligeait la société à se séparer de l’Ecole de musique de la ville de Lausanne et à créer sa propre école qui fut placée sous la responsabilité de Monsieur Louis Baux, de Monsieur Christian Rudaz, professeur, de Madame Nicole Baux, secrétaire et de Monsieur Félix Bonzon, administrateur, ainsi que Messieurs Roger Grandchamp et Robert Mounir pour les tambours. Cette école était divisée en deux  parties : l’une dans notre local à la rue Curtat, et l’autre au Centre de loisirs de la Bourdonnette. Il est à relever que cette école a donné de très bons résultats, une partie des élèves évoluant actuellement à un bon niveau, voire étant à leur tour directeurs.

Les sorties en civil ont connu également un grand succès. La première nous a conduits en Alsace avec arrêt dans une ancienne ferme typique et fabrication du fromage dans un chaudron sur feu de bois. Colmar, Kaysersberg (ville natale du Dr Albert Schweitzer), Riquewihr, Ribeauvillé, le tout agrémenté de petites aubades improvisées, sans oublier dégustations et choucroutes, évidemment.

Le Liechtenstein fut également un magnifique voyage avec arrêt à Einsiedeln et visite de l’abbaye datant de la fin du 18ème siècle.

Et aussi : l’Ile Mainau sur le lac de Constance et ses superbes orchidées, puis bateau par le Lac inférieur jusqu’à Stein am Rhein. Visite de la vieille ville et chutes du Rhin.

En 1977, nous avons participé en Unité à l’inauguration du nouveau drapeau du Bataillon des pompiers lausannois, sans oublier les traditionnels services habituels.

1980 a vu les débuts de Monsieur Marius Maret à la tête musicale de la société. Ce fut la venue de l’Harmonie de Steti Prague qui a retenu toute notre attention pour l’organisation de quelques visites et concerts. Comme précédemment, nous participions à nouveau à la célèbre Fête des roses à Evian en Unité. Cette fête fut bien arrosée, mais cette fois par les caprices de la météo qui ne trouva rien de mieux que de déverser toutes ses réserves d’eau sur le cortège. L’Unité se retrouvant seule à défiler, nous prenions à notre tour la direction de quelque refuge bienvenu !!

En 1982, l’Unité s’est déplacée à Avignon pour représenter la Suisse au Congrès des troupes du génie avec une délégation des officiers pompiers et à leur tête notre patron, le Major Jean-François Cachin, commandant du bataillon. Cette manifestation a donné l’occasion à l’Unité d’exécuter sur la place du Palais des Papes une représentation de grande classe très appréciée du nombreux public, malgré la présence de plusieurs fanfares militaires d’autres pays. Le soir, nous avons eu le privilège de participer au repas officiel à la Salle des Papes avec animation de saltimbanques et un service avec présentation des plats ad hoc. Le lendemain, départ en car pour les Saintes-Maries-de-la-Mer, baptême de la mer pour certains, et repas typique camarguais dans une manade.

1984 fut une année bien chargée avec le 125ème anniversaire de la société et les fastes qui s’imposent dont la venue du Brass band impérial de Lenzbourg, le concours cantonal des musiques à Vevey, l’inauguration du nouveau drapeau, sans compter le programme habituel, soit les concerts populaires dans divers quartiers de la ville, la soirée annuelle, les concerts des trois sociétés au Théâtre municipal, les services et répétitions en Unité. Nous avons vu également le changement du président avec la venue de Monsieur Georges Bulloz et, pour couronner le tout, au début 1985, le changement du directeur en la personne de Monsieur Jean Panchaud.

1988 : c’est la sortie à Rouen pour fêter Sainte-Jeanne-d’Arc, la participation à la fête cantonale de gym à Orbe, la clôture du Comptoir suisse, Flores, l’inauguration de la caserne des pompiers et leurs portes ouvertes, le bal du Bataillon à Beaulieu, la Sainte-Barbe des artilleurs, etc. En règle générale, avec les répétitions et les services en Unité, pas de quoi s’endormir sur nos lauriers…

1989 :changement de président. C’est Monsieur Claude Grandchamp qui prend les rênes avec pour mission de redonner à l’Instrum et aux quelques musiciens restants l’envie et surtout la possibilité de poursuivre cette formidable entreprise. Avec l’aide de la presse, 24 heures et Madame Lise Bourgeois journaliste, la Gazette de Lausanne et Lausanne-Cité, il organisait une grande campagne de recrutement sous l’appellation bien explicite « Sauvez l’Instrum ». Cette campagne n’est pas restée sans succès puisque quelques musiciennes et musiciens anciens et nouveaux ont suffi à redonner un coup de fouet bienvenu ma fois. Cette même année, suite à la décision de la Municipalité de créer un théâtre pour enfants dans notre salle de répétition de la rue Curtat, que nous partagions d’ailleurs avec l’Union chorale, nous avons dû déménager à l’annexe du Collège de Prélaz où nous sommes toujours à ce jour avec comme co-locataire la chorale de la Pontaise.

Le déménagement a demandé un gros effort, car le nombre d’années passées dans ces lieux avait permis d’engranger un stock impressionnant d’archives et d’instruments. C’était l’occasion de remettre une grande partie des documents et trophées aux Archives de la ville et au Musée du Vieux Lausanne. Le déménagement s’est fait dans la semi-joie, en fanfare, avec un char et des chevaux mis gracieusement à notre disposition par Monsieur Aguet.

La fin de l’année a vu un nouveau directeur avec l’arrivée de Monsieur Roland Biollay qui, mis à contribution par de nombreuses occupations, a préféré se retirer après une année de direction. C’est Monsieur Juan-Antonio Candil qui reprit les rênes en 1992 avec un programme musical un peu plus « castagnettes et paso doble ».

1993 est l’année du début de présidence de Monsieur Eric Blanc.

En 1995, c’est un voyage en civil qui nous mène à Strasbourg avec arrêt au musée des frères Schlumpf, repas au restaurant tournant de la tour de Mulhouse, petite aubade sur la place de Kaysersberg, visite en bateau de Strasbourg, dégustation à Riquewihr et retour dans notre patrie.

1997 : inauguration de nouveaux uniformes plus légers que le costume, qui reste d’actualité spécialement en Unité ou pour d’autres manifestations plus officielles. L’habit a été inauguré lors de la soirée annuelle en montrant d’abord un jeu d’uniformes fantaisistes, puis le magnifique habit – veste verte et pantalon gris- le tout présenté par Monsieur Jean-Claude Gigon, animateur du kiosque à musique et d’autres émissions de la Radio Suisse Romande.

Cette même année, nous nous sommes rendus à Opole (Pologne) avec visite des camps de concentration et d’extermination d’Auschwitz et une cérémonie à l’intérieur du camp avec dépôt de gerbe.

En 1998, l’Instrum recevait 50 jeunes musiciens de Kaski (Pologne) pendant 4 jours avec visite de notre cité, concert, concours de Vallorbe, ballade en bateau, etc.

98 vit aussi la passation de pouvoir à la présidence entre Monsieur Erice Blanc et Madame Albane Bioley.

Pendant 3 ans, le cirque Nock nous a demandé de jouer le soir de la première représentation à l’entrée du public. Cela nous a permis de voir le spectacle gratuitement ainsi que les familles proches des membres.

2000 : c’est le changement de directeur avec la venue de Monsieur Pierre-Alain Aubert.

2001 : voyage à Budapest. Nous sommes reçus par la fanfare des pompiers locaux et logés dans une maison – hôtel appartenant aux pompiers. L’après-midi et le soir, visite de la magnifique ville de Buda et le soir, vue nocturne depuis Pest sur la ville de lumières se reflétant dans le Danube.

L’année suivante, nous recevons la fanfare de Budapest 4 jours en avril avec visites, concerts et repas, brillamment organisés, comme le voyage aller, de main de maître par Monsieur Gérald Damon, la Présidente et Monsieur Georges Bulloz. C’est aussi grâce à ce dernier que nous avons pu loger ces musiciens au Bâtiment Administratif de la Pontaise.

La même année, l’Instrum a également participé à l’inauguration de la caserne des pompiers de Moudon.

2003 a vu l’Instrum travailler dur la musique puisque notre directeur s’est mis dans la tête de nous faire participer au concours de musique légère organisé par la fanfare de Nyon, dont il était également directeur. Il est vrai que Monsieur Aubert s’est entouré de musiciens chevronnés pour appuyer notre effectif un peu trop limité pour interpréter des pièces de concert. Merci à tous ces musiciens qui, pour certains, sont devenus des amis et continuent à soutenir d’une façon ou d’une autre l’Instrum. Le concours s’est bien déroulé puisque nous avons obtenu le 2ème rang. Bravo à tous.

2004 est marqué par le départ de Madame Bioley et la nomination du président actuel, Monsieur Pierre Fonjallaz.

2006 : changement de directeur et c’est la venue au pupitre de Monsieur Jean-Michel Pélichet toujours en poste actuellement.

2008 : l’Instrum se rend à Montreux pour participer au concours et à la fête cantonale des musiques vaudoises. Le résultat n’a peut-être pas été à la hauteur des espérances, mais c’était l’occasion de faire le point et d’empoigner sa monture pour faire mieux dans 4 ans. Les concerts annuels, soit à Montbenon, soit à Cossonay, avec les Diabolos ont prouvé que nous valions mieux que le résultat du concours. Bravo.

2009 : nous voici arrivés à notre 150ème anniversaire et à la fin de la commémoration de nos activités. Il est évident que des oublis ou omissions auront été constatés mais nul n’est parfait. C’est l’occasion pour nous de dire un grand merci à toutes celles et ceux qui ont eu à cœur la réussite de cet anniversaire et ont participé gracieusement à sa réalisation.

Je remercie très sincèrement le comité d’organisation et également Messieurs Claude Buttex, Gérald Damon, Maurice Grandchamp, Christian Maire et Madame Marie-Lise Trachsel, sans qui cette modeste plaquette n’aurait peut-être pas pu vous faire revivre les glorieuses années de notre chère Instrum.

Claude Grandchamp / 2009